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Perdre son emploi et subir une longue période de chômage ne sont pas sans conséquences sur la santé physique, mais également psychique : la dépression, notamment, est plus fréquente chez les demandeurs d'emploi. Il est indispensable de bénéficier d'un soutien étroit dans cette période de vulnérabilité.

Le point maintenant.

Impacts psychologiques du chômage

Perdre son emploi, un traumatisme

Être privé du jour au lendemain de son emploi est vécu comme un véritable traumatisme par la plupart des personnes. Un licenciement laisse des traces et peut conduire à douter de ses compétences, et à une remise en question souvent douloureuse.

Statut professionnel comme reconnaissance sociale

Dans notre société, le travail occupe une place centrale. Le statut professionnel est une véritable carte d'identité pour chaque individu.

Ainsi, en être démuni peut rapidement procurer la sensation d'être privé de la légitimité à évoluer au sein de la société. Il est courant que le demandeur d'emploi souffre d'une image fortement dépréciée de lui-même.

Isolement du chercheur d'emploi

Le chômage, surtout lorsqu'il est de longue durée, conduit progressivement à l'isolement, à cause de plusieurs facteurs :

  • La personne est privée de ses contacts avec ses anciens collègues, qui occupent souvent une place importante dans le cercle des relations sociales, au vu du temps passé au travail.
  • Les demandeurs d'emploi ont souvent un sentiment de honte qui les conduit à s'éloigner de leurs proches. Le couple est soumis à rude épreuve, et la perte d'emploi augmente le risque de séparation.
  • Le manque de moyens financiers réduit les possibilités de loisirs et maintient cet isolement.

Du chômage à la dépression

La santé mentale mise à mal

De nombreuses recherches ont permis de montrer le lien entre chômage et augmentation du risque de maladies psychiques, et notamment de dépression.

Une enquête récente de l'institut Gallup aux États-Unis a montré que :

  • Les demandeurs d'emploi sont presque deux fois plus nombreux à souffrir de dépression que les actifs.
  • Plus la durée de chômage s'allonge, et plus le taux de dépression est élevé. Si 15,7 % des personnes privées d'emploi pendant 12 à 26 semaines souffrent de cette maladie, elles sont 19 % au-delà d'un an sans activité professionnelle.

Ainsi, un cercle vicieux s'amorce : la dépression, consécutive à la perte d'emploi, complique le retour à l'emploi.

Une issue parfois tragique

Une étude de l'INSERM permet d'établir un lien entre augmentation du taux de chômage et le taux de suicide. Les chercheurs estiment que la hausse du chômage en France entre 2008 et 2010 pourrait avoir causé 600 décès par suicide.

Soutien psychologique pour demandeurs d'emploi

Il est capital d'être suivi psychologiquement en cas de détresse suite à la privation d'emploi.

Les Centres Médico-Psychologiques (CMP) proposent des consultations gratuites de psychologues et de psychiatres ; en fonction des villes, les délais d'attente sont plus ou moins longs.

De nombreuses associations aident également les demandeurs d'emploi à sortir de leur isolement (Solidarités nouvelles face au chômage, Mouvement national des chômeurs et précaires, Agir ensemble contre le chômage...).

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