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Pendant la grossesse, les femmes ont une injonction à être heureuses. Pourtant, une part non négligeable des futures mamans ressent un terrible mal-être et traverse un épisode de dépression sévère.

La reconnaissance de la dépression prénatale, ainsi que sa prise en charge, sont indispensables pour la santé de la mère et de l'enfant à venir. Le point dans cette astuce.

Dépression prénatale : une maladie courante

La dépression au cours de la grossesse concerne un nombre important de femmes :

  • Entre 10 et 17 % seraient touchées par un épisode dépressif majeur lors de leur grossesse.
  • La maladie n'est cependant diagnostiquée que chez la moitié des futures mères. En effet, il est parfois difficile de faire la distinction entre les troubles classiques liés à la grossesse et ceux associés à la dépression.

Symptômes de la dépression prénatale

Les symptômes associés à la dépression prénatale sont les mêmes que ceux accompagnant une dépression classique :

  • une irritabilité, de la tristesse, un sentiment de désespoir ;
  • un manque d'intérêt pour les activités habituelles ;
  • des difficultés de concentration ;
  • un appétit diminué ou accru ;
  • des troubles du sommeil ;
  • des pensées suicidaires, etc.

Dépression pendant la grossesse : quels risques ?

Si les symptômes ne sont pas spécifiques, les conséquences d'un épisode de dépression vécu au cours d'une période si cruciale sont forcément particulières :

  • Une mauvaise alimentation et un niveau de stress élevé nuisent au développement du fœtus. Le risque d'accouchement prématuré, comme celui de donner naissance à un bébé de petit poids, est majoré.
  • Les femmes souffrant de dépression peuvent également être plus enclines à se tourner vers différentes substances nocives (tabac, alcool, drogues) pour apaiser leur mal-être.
  • Le repli sur soi peut enfin conduire les futures mères à cesser le protocole de suivi de grossesse.

Des études ont permis d'éclairer l'impact sur l'enfant de la dépression maternelle avant la naissance. Elles montrent :

  • une plus grande agitation des nourrissons, des problèmes de sommeil et des pleurs accrus ;
  • des taux de cortisol, l'hormone du stress, plus élevé que chez les autres bébés ;
  • des difficultés futures, chez ces enfants, à créer des liens affectifs.

Traitement de la dépression prénatale

La dépression ayant des conséquences importantes sur la santé de l'enfant à naître, il est capital qu'elle soit prise en charge.

Hygiène de vie et dépression légère

Pour enrayer une dépression légère, il suffit souvent de retrouver une bonne hygiène de vie :

  • pratiquer une activité physique adaptée à la grossesse ;
  • rééquilibrer son alimentation et ses rythmes de sommeil.

Certaines activités douces peuvent contribuer à réduire le niveau de stress, comme le yoga ou la sophrologie.

Traitement préventif

Les femmes qui présentent des signes de dépression prénatale sont plus fragiles et ce sont elles qui ont le plus de risque d'être par la suite victime de dépression périnatale (ou dépression post-partum). Il est donc intéressant d'intervenir le plus rapidement possible pour éviter ce type de complications qui concerne plus d'une femme sur sept.

Les traitements les plus efficaces sont :

  • les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) qui permettent des changements positifs de l’humeur et de comportement afin de combattre les pensées, les opinions et les attitudes négatives tout en augmentant les pensées et activités positives ;
  • les thérapies interpersonnelles qui sont axées sur la prise en charge des problèmes relationnels contribuant aux désordres psychologiques.

Les TCC incluent l’éducation de la patiente, la fixation d’objectifs, la façon d’identifier et de combattre les pensées et les comportements malsains tandis que l'approche interpersonnelle s'appuie sur des questions exploratoires, des jeux de rôle, d’analyse de décision et de communication.

Dans l'idéal, les traitements retenus doivent débuter dans le courant du 2e trimestre de grossesse. Une session thérapeutique peut comporter entre 4 et 20 réunions (d'une à deux heures), avec une moyenne de 8, s’étalant sur 4 à 70 semaines. Ces dernières peuvent être réalisées en groupe ou être individuelles, les intervenants pouvant être des psychologues, des sages-femmes, des infirmières ou d’autres professionnels de santé.

Traitement d'une dépression sévère

Si une prise en charge psychologique est souvent nécessaire, elle sera parfois associée à un traitement médicamenteux :

  • Certains antidépresseurs (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine - ISRS - et inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline - IRSN) et anxiolytiques peuvent être prescrits en cours de grossesse.
  • Ces traitements peuvent si besoin être poursuivis après la naissance, tous n'étant pas nécessairement incompatibles avec l'allaitement.
  • Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) dispose de toute l'information médicale disponible à ce sujet.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) évoque un possible lien entre la prise d'antidépresseurs au cours de la grossesse et l'apparition de troubles autistiques chez l'enfant exposé in utero. Par ailleurs, d’autres risques liés à l’utilisation des ISRS pendant la grossesse sont connus (hypertension artérielle et malformations cardiovasculaires chez le nouveau-né notamment).

Une surveillance renforcée est donc nécessaire et l'Ansm souligne que « ces antidépresseurs ne doivent être utilisés pendant la grossesse que s’ils sont strictement nécessaires. Un traitement non médicamenteux (psychothérapie) doit être privilégié, s’il peut être mis en place de manière efficace et continue ».

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