Sommaire

Le principal symptôme que l'on observe dans le ralentissement psychomoteur est une lenteur dans la gestuelle (également appelée bradykinésie). S'y associent une lenteur psychique (bradypsychie) et verbale (bradyphémie). Il existe une phase de latence entre la décision de mouvement et sa réalisation. L'expression faciale disparaît peu à peu (hypomimie voire amimie), l'expression orale perd en spontanéité.

Le ralentissement psychomoteur peut revêtir divers degrés ; le plus ultime correspond à la suspension de toute activité motrice ; c'est l'état de stupeur.

Le ralentissement psychomoteur peut être en lien avec le vieillissement et avec certaines pathologies somatiques et psychiatriques.

Ralentissement psychomoteur : le vieillissement

Le vieillissement physiologique (normal) opère de façon progressive, tous les systèmes sont touchés ; leurs interactions conduisent au ralentissement psychomoteur, notamment si la personne ne garde pas d'activité physique et réduit ses apports alimentaires :

  • Alors, la composition corporelle est modifiée avec une réduction de la masse maigre au profit de la masse grasse et donc une diminution de la force musculaire.
  • Associé à la diminution du nombre de neurones (pouvant affecter le traitement des informations), à l'altération de l'équilibre, à la réduction de la fréquence cardiaque à l'effort, la réduction de la capacité respiratoire et aux altérations des organes des sens (presbytie gênant la vision de près, presbyacousie entraînant une diminution de l'acuité auditive pour les plus importants), le corps se ralentit.
  • La personne âgée va marcher plus lentement, à petits pas, avec moins d'assurance, elle sera moins alerte. Ses réflexes diminueront.

Malgré des capacités d'adaptation dues à ses différentes expériences de vie, la personne âgée va donc ralentir progressivement son rythme.

Ralentissement psychomoteur : pathologies somatiques

Hypothyroïdie

L'hypothyroïdie est l'incapacité de la glande thyroïde à produire suffisamment d'hormones. Le sujet se plaint de frilosité, d'une perte d'énergie notamment musculaire ; les réactions chimiques cellulaires ralentissent.

Insuffisance surrénalienne

Elle se traduit par un déficit de sécrétion des corticosurrénales (glandes situées au-dessus des reins) avec notamment une insuffisance en cortisol à l'origine d'une asthénie (grande fatigue) physique, psychique et sexuelle.

Ralentissement psychomoteur : pathologies neurodégénératives

Certaines pathologies neurodégénératives présentent aussi un ralentissement.

Maladie d'Alzheimer

La maladie d'Alzheimer se caractérise par la disparition progressive de certains neurones (cellules cérébrales) et le développement de lésions au niveau du système nerveux central entraînant des troubles de la mémoire, des gestes, du langage, de la reconnaissance.

Maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson pathologie résulte de l'atteinte des neurones dopaminergiques (qui sécrètent la dopamine) provoquant chez le sujet une lenteur du mouvement, une raideur et des tremblements.

Paralysie supra-nucléaire progressive ou maladie de Steele-Richardson-Olszewski

Maladie dégénérative rare à début tardif, cette pathologie est caractérisée par une atteinte oculomotrice (mouvement des yeux), une instabilité posturale avec des pertes de l'équilibre, une rigidité progressive, la lenteur de la parole et un déclin cognitif (intellectuel) discret.

Chorée de Huntington

Il s'agit d'une pathologie héréditaire entraînant une altération des capacités physiques et intellectuelles avec une perte de l'équilibre, une incoordination des mouvements, un repli sur soi.

Séquelles d'encéphalopathie

L'atteinte de l'encéphale (qui est formé par les deux hémisphères cérébraux, le cervelet et le tronc cérébral) varie selon la zone atteinte et peut de ce fait être à l'origine d'un ralentissement psychomoteur.

Ralentissement psychomoteur : pathologies psychiatriques

Le ralentissement psychomoteur peut aussi être entendu comme un ensemble de comportements en lien avec des troubles émotionnels, affectifs ou cognitifs. Ces troubles sont labiles car non liés à des modifications structurelles ou morphologiques; ils diffèrent donc des troubles neurologiques. On les retrouve dans les maladies psychiatriques.

Dépression

Le ralentissement psychomoteur fréquent au cours du vieillissement physiologique est également un signe de dépression. La personne souffre de son état et se plaint fréquemment de son incapacité motrice.

Il peut être associé à un pessimisme, la perte de l'anticipation, une fatigue chronique, de l'anxiété, une mauvaise image de soi et la perte du plaisir (notamment de vivre), un repli sur soi. On constate souvent un amaigrissement et des troubles du sommeil.

La personne peut également présenter des signes physiques avec un visage plus ou moins figé, inexpressif, une rareté des gestes et un appauvrissement de l'expression verbale.

Mélancolie

La mélancolie est un versant grave de la dépression. On retrouve un ralentissement et une inhibition des fonctions psychomotrices et psychiques. Le risque suicidaire est élevé car si l'apparence s'apparente à la stupeur, les idées demeurent très actives.

Psychose maniaco-dépressive ou troubles bipolaires

Cette pathologie est marquée par l'alternance d'accès mélancoliques et d'accès maniaques.

Ces pros peuvent vous aider