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Plus d'une femme sur sept fait une dépression après un accouchement.

Il existe de nombreuses formes de dépression avec des troubles spécifiques apparentés :

La dépression post-partum n'est pas le Baby-Blues

Comme toute période charnière de l'existence, la maternité est propice à la dépression.

La dépression post-partum, c'est-à-dire après un accouchement, intervient dans les 2 mois suivant la délivrance.

Elle se distingue du Baby-Blues qui :

  • est un état physiologique momentané lié aux bouleversements hormonaux,
  • touche une femme sur deux.

La dépression post-partum est une forme grave de la dépression dont les conséquences pour la mère, l'enfant et la famille peuvent être dramatiques.

Facteurs de risque de la dépression périnatale

De nombreux facteurs de risque de dépression périnatale peuvent être pris en compte :

À noter qu'un faible statut socio-économique, une perte de support social ou financier, ou encore une parentalité durant l’adolescence font également partie des principaux facteurs de risque.

Dépression post-partum : invalidant pour la mère

Les symptômes de la dépression post-partum sont typiques et invalidants pour la mère :

  • sentiment d'incapacité à s'occuper du nouveau-né,
  • pensées morbides,
  • idées de culpabilité douloureuses,
  • difficultés à supporter les pleurs du bébé,
  • baisse ou absence d'interaction avec le nouveau-né,
  • passage à l'acte,
  • suicide altruiste.

Suicide et dépression post-partum : peur de faire mal à son bébé

Comme pour toutes les formes de dépression, le risque majeur est celui du suicide.

Dans le cas d'une dépression post-partum, cela peut prendre la forme d'un suicide altruiste : la mère se suicide avec son enfant.

Ces idées morbides surgissent avec de très fortes phobies d'impulsion.

Les phobies d'impulsion concernent la peur irraisonnée et très douloureuse pour la mère, de faire mal à son bébé.

Dépression post-partum : des conséquences possibles pour l'enfant

L'attachement est un ensemble de réactions émotionnelles, physiologiques, sensorielles et cognitives qui s'installent très tôt dans la relation de la mère et du nouveau-né.

Cet attachement se développe au contact de la peau, de l'odeur, de la voix, également avec le goût du lait maternel :

  • lorsque l'attachement est de bonne qualité, l'enfant n'a pas de problème de sécurité face au monde extérieur,
  • dans la cas d'une dépression post-partum, ces liens précoces peuvent être altérés et prédisposer l'enfant à l'anxiété, voire dans les formes les plus graves, conduire le nourrisson à une dépression.
Lire l'article Ooreka

Peur des mères d'évoquer la dépression post-partum

Il est difficile, encore aujourd'hui pour une mère, d'évoquer les symptômes de dépression post-partum ou périnatale, car elles ont l'impression d'être de mauvaises mères. Pourtant, il s'agit d'une des pathologies les plus souvent observées durant cette période.

Dépression post-partum : des troubles tabous

Le fait d'être enceinte et de mettre au monde un bébé est vu par la société comme un des moments heureux de l'existence.

Parler de tristesse et de troubles dépressifs après une naissance reste donc un énorme tabou persistant chez les mères.

Le rôle du père largement ignoré

On parle très rarement du rôle du père dans l'accompagnement :

  • de la grossesse,
  • de l'accouchement,
  • de la vie post-partum.

Pourtant, un conjoint et un père présent sont très importants pour éviter une dépression postnatale comme dans son traitement et sa guérison.

Un père présent et aimant pour son nouveau-né peut pallier au manque d'interactions entre une mère déprimée et le nouveau-né.

Traiter une dépression post-partum

Il existe plusieurs formes d'aides pour les mères souffrant de dépression postnatale :

  • consultations médicopsychologiques ;
  • hospitalisations conjointes (avec le nouveau-né) y compris dans les cliniques où l'accouchement à eu lieu ;
  • visites à domicile :
    • elles sont effectuées par des puéricultrices, en coordination avec des hôpitaux,
    • comme à l'hôpital, la présence d'une puéricultrice permet d'aider la mère pour les soins du bébé et de lui faire reprendre confiance en elle ;
  • unités parents-enfants : au nombre d'une vingtaine en France, elles accueillent les mères en très grande difficulté à temps plein ou en journée.
Lire l'article Ooreka

Traitement préventif

Bien qu'il n’existe pas d’outil prédictif fiable pour un dépistage précoce des femmes les plus fragiles susceptibles d'être par la suite victime de dépression périnatale (ou dépression post-partum), on peut s'intéresser aux femmes présentant des antécédents ou des troubles dépressifs, des facteurs de risque socio-économiques, des troubles mentaux à type de symptomatologie anxieuse ou ayant subi des événements de vie très éprouvants.

Il est donc possible de proposer à ces femmes des approches efficaces, notamment :

  • les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) qui permettent des changements positifs de l'humeur et de comportement afin de combattre les pensées, les opinions et les attitudes négatives tout en augmentant les pensées et activités positives ;
  • les thérapies interpersonnelles qui sont axées sur la prise en charge des problèmes relationnels contribuant aux désordres psychologiques.

Les TCC incluent l'éducation de la patiente, la fixation d'objectifs, la façon d'identifier et de combattre les pensées et les comportements malsains tandis que l'approche interpersonnelle s'appuie sur des questions exploratoires, des jeux de rôle, d'analyse de décision et de communication.

Les traitements peuvent au cours de la grossesse, les sessions thérapeutiques pouvant comporter entre 4 et 20 réunions d'une à deux heures étalées sur 4 à 70 semaines. Les séances peuvent être réalisées en groupe ou être individuelles, les intervenants pouvant être des psychologues, des sages-femmes, des infirmières ou d'autres professionnels de santé.

Cette aide thérapeutique ne doit pas empêcher de pratiquer une activité physique (connue pour son action antidépressive), sachant que l'apport de sélénium et de vitamine D peut également être intéressant.